Thé de Chine

En Chine, les couleurs du thé sont au nombre de six : vert 绿茶 lücha rouge 红茶 hongcha noir 黑茶 heicha bleu-vert 青茶 qingcha blanc 白茶 baicha et jaune 黄茶 huangcha.
Ces couleurs font plus souvent référence à la teinte de la liqueur qu’à celle des feuilles...>En savoir plus
En Chine, les couleurs du thé sont au nombre de six : vert 绿茶 lücha rouge 红茶 hongcha noir 黑茶 heicha bleu-vert 青茶 qingcha blanc 白茶 baicha et jaune 黄茶 huangcha.
Ces couleurs font plus souvent référence à la teinte de la liqueur qu’à celle des feuilles de thé sec. Le thé développe à la tasse une palette exceptionnelle de couleurs depuis le cristal transparent d’un thé blanc jusqu’au brun profond, presque opaque d’un thé noir, en passant par toutes les possibilités de verts, jaunes et ocres, des plus ambrés aux plus cuivrés. Ces couleurs sont avant tout l’indication du traitement spécifique qu’a subi la feuille et renseignent à la fois sur la force tannique et les nuances aromatiques du thé. A chaque couleur correspond un traitement spécifique de la feuille, une oxydation plus ou moins poussée.

Tout serait simple si ces couleurs chinoises coïncidaient avec l’éventail chromatique adopté pour la vente des thés en Occident ! Barrière des langues ? Mauvaise interprétation ? Méconnaissance du produit ou « erreurs » commerciales ? Des siècles d’importation ont peu à peu imposé chez nous un « Pantone » des thés qu’il faudrait pour plus de clarté totalement réformer pour qu’il traduise la réalité chinoise… Ainsi, les thés que les Occidentaux qualifient et consomment comme des thés noirs (black teas) sont en réalité ceux que les Chinois appellent thés rouges 红茶 hongcha. Pourquoi cette confusion ? Peut-être parce que les premiers thés rapportés par les navires hollandais au XVIIe siècle, verts au départ de Chine, arrivaient noirs en Europe, après des mois en fond de cale humide ?

Autre explication : au XVIIIe siècle, le thé acheté par l’Occident vient essentiellement de Bohea, au Fujian, les monts Wuyi en langue Minnanhua. C’est depuis toujours le fief des Dragons Noirs ou 乌龙 wulong, ces thés à grandes feuilles ébouriffées très sombres, donnant une liqueur d’un rouge cuivré. Le « Bohea noir » des Occidentaux ne serait-il pas tout simplement un wulong ? Les Britanniques ont peut-être oublié le « dragon » pour ne retenir que le « noir » ? Quand, vers la fin du XVIIIe siècle, ils achètent enfin le lapsang souchong (un thé rouge produit lui aussi à Bohea), ils ne feront pas la différence avec le wulong et continueront à le nommer « thé noir ».

Notre thé noir n’a donc jamais été noir. Il a d’abord été vert, puis probablement bleu-vert avant d’être rouge à partir de la fin du XVIIIe siècle… Et rouge, il reste aujourd’hui !

Les plantes commercialisées en Europe sous l’appellation « thés rouges » ne sont pas des thés, mais des Rooibos, une variété d’acacias, l'Aspalathus Linearis qui pousse exclusivement en Afrique du Sud et qui n’a rien à voir avec le Camellia sinensis.

Dans les années 1990, le marché occidental découvre les thés noirs chinois 黑茶 heicha. Faute de vocable approprié (puisque le mot « noir » est déjà utilisé les thés rouges), nous les désignons alors par « thés sombres » ! Aujourd’hui, nous les appelons aussi Pu'er… Mais tous les thés sombres ne sont pas des Pu'er, surtout quand ils ne viennent pas du Yunnan ou de la région de Pu'er !

Ajoutons que nos thés blancs 白茶 baicha, sont parfois aussi des thés verts ! Les Chinois sont des poètes et ce n'est pas parce que le thé s'appelle Dragon blanc ou Bourgeon des neiges qu'il s'agit d'un thé blanc, au sens technique du terme. Même si les feuilles sont argentées, couvertes de duvet blanc, que la liqueur est pale et délicate. Il arrive donc souvent qu'on nous vende sous le label « blanc » (et au prix d'un blanc « précieux-parce-que-rare » !) un simple thé vert un peu plus poilu que les autres ! Notons au passage que les vrais thés blancs ne sont pas tous de grands crus, ou des thés hors de prix.

Nos thés jaunes ne sont pas toujours les vrais thés jaunes 黄茶 huangcha des Chinois. Cette fois, nous y sommes pour rien. Le thé jaune est particulièrement difficile et très long à réaliser et, du fait de ce processus couteux, ces crus sont souvent onéreux. Les maîtres chinois capables de façonner les authentiques thés jaunes ne sont guère nombreux aujourd'hui. Par souci d'économie, ou parce qu'ils n'en maîtrisent pas l'élaboration, certains producteurs peu scrupuleux proposent sous le label « jaune » des thés élaborés comme des thés verts, un peu jaunes parce qu'ils ont mal séchés... ou pire encore parce qu'ils ont vieilli et se sont desséchés. Les thés jaunes, vraiment jaunes, sont extrêmement rares, même en Chine !...

Heureusement, nos thés verts sont généralement les thés verts 绿茶lücha des Chinois.

Que dire des thés bleu-vert 青茶 qingcha ? Il s’agit des thés partiellement oxydés, connus également sous le terme wulong 乌龙, transcrit le plus souvent par « oolong ». Le terme 青茶qingcha qualifiait autrefois l'ensemble des thés bleu-vert, des moins oxydés au plus oxydés. Wulong 乌龙, Dragon noir en chinois, ne désignait que les crus oxydés à plus de 60 %. Ainsi, il y a une trentaine d'années, les thés des rochers étaient des wulong et le Tieguanyin un qingcha. Aujourd'hui, les Chinois ne respectent plus cette nuance et ont « adopté » pour leur marketing international, la dénomination que tout le monde comprend : « wulong » ou « oolong ». Business oblige !

En résumé, nos thés « noirs » ont toujours été rouges en Chine ; nos thés « sombres » sont des thés noirs ; nos thés blancs ne sont parfois que des thés verts velus ; nos Oolongs sont des thés bleus plus ou moins verts, ou plus ou moins rouges ; nos thés jaunes sont pour la plupart des thés verts qui ont jaunis en séchant, quant à nos thés rouges, ce ne sont pas des thés… Restent les thés verts, aussi verts chez nous qu’ils le sont en Chine !

En bref, sur la palette chromatique chinoise des thés, nous n’avons qu’une seule couleur juste. Il serait temps pour nous de classer les thés de Chine comme les Chinois le font depuis toujours !

Il faut bien plus d’une vie pour l’appréhender dans toutes ses diversités et bien le connaître ! >Réduire
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